Le Molluscum Contagiosum


Le Molluscum Contagiosum, c’est quoi ?

  • Le Molluscum Contagiosum est une infection cutanée courante provoquée par un poxvirus existant sous plus de 4 formes différentes. Le Virus du Molluscum Contagiosum de type 1 est de loin le plus fréquemment observé. Répandu dans le monde entier, il touche des personnes de différentes origines ethniques, et plus particulièrement les enfants et les patients immunodéprimés.
  • Aussi courant que les verrues virales, juste après la dermatite atopique, les naevus (appelés grain de beauté) et l’acné, le Molluscum Contagiosum est un problème de santé chez l’enfant, mais également chez l’adulte. Chez ce dernier, le Virus du Molluscum Contagiosum, généralement de type 2, se propage principalement par voie sexuelle.

A quoi ressemble le Molluscum Contagiosum ?

  • Les lésions de Molluscum Contagiosum sont caractérisées par des papules mesurant de 1 à 5 mm, lisses, en forme de dôme, et pouvant présenter une ombilication centrale. Elles peuvent être de couleur blanc nacré, rose ou chair.
    Les lésions peuvent être isolées ou multiples et, dans ce cas, elles peuvent être groupées ou éparses au niveau des plis cutanés. En moyenne, vous pouvez présenter entre 10 à 20 papules, mais ce nombre peut varier entre une et plusieurs centaines (1).
    Les localisations sont variées au niveau de la peau, mais se retrouvent plus rarement, voire jamais, sur les paumes des mains, la plante des pieds et les membranes muqueuses (au niveau de la bouche, de l’œil ou des parties génitales) (2-3).
    Les régions généralement les plus touchées sont le tronc (27 %) et l’intérieur du coude (23 %), suivies par l’aisselle et la partie arrière des genoux (4).
  • Chez l’adulte, l’infection est généralement transmise par voie sexuelle. Dans ce cas, les lésions sont localisées dans les régions pubienne et génitale, sur le haut des cuisses et sur la partie inférieure de l’abdomen (5).
  • Le Molluscum Contagiosum est diagnostiqué par un examen clinique. La dermatoscopie (système équipé d’une lentille grossissante) permet de préciser le diagnostic et peut révéler une ombilication centrale masquée.

Le Molluscum Contagiosum est-il fréquent ?

  • L’incidence du Molluscum Contagiosum chez l’enfant varie entre 2 et 17 % (6-7). Toutefois, il est possible que l’incidence réelle soit plus élevée. Pour des raisons inconnues, le pic d’incidence maximal du Molluscum Contagiosum est observé dès le plus jeune âge, généralement entre 2 et 10 ans (8-9).

Comment peut-on être contaminé ?

  • La contagiosité est très élevée, équivalente à celle des poux (10).
    Le Molluscum Contagiosum se transmet par contact direct avec la peau et plus vraisemblablement par contact avec des serviettes ou des vêtements infectés. Après infection de la peau d’un patient par le Molluscum Contagiosum, la propagation des lésions est favorisée par l’auto-inoculation (en se grattant par exemple, il est possible de disséminer le virus sur d’autres parties de son corps). Un environnement chaud et humide est propice aux infections et à leur propagation. Les piscines couvertes sont des lieux communs de contagion. Il est largement reconnu que le fait d’être atteint d’une dermatite atopique et donc d’avoir une barrière cutanée altérée peut favoriser le risque de contagion.
  • La période d’incubation varie entre 2 semaines et 6 mois (11). Chez la plupart des patients ayant un système immunitaire compétent, le Molluscum Contagiosum régresse spontanément sans laisser de cicatrice. Toutefois, la guérison spontanée peut parfois prendre plusieurs années (12). La période de guérison moyenne du Molluscum Contagiosum varie entre 6 et 18 mois (13).

Quelles sont les symptômes et les risques de complications associés à la présence de Molluscum Contagiosum ?

  • Les lésions de Molluscum Contagiosum sont généralement asymptomatiques, mais peuvent parfois s’accompagner de prurit ou de douleur. Toutefois, les symptômes et/ou complications sont fréquents et ont été observés chez 33 % d’enfants atteints de Molluscum Contagiosum (7).
    La complication la plus fréquente est l’inflammation autour des lésions, présente dans 10 à 75 % des cas (3). Elle peut apparaître comme un simple érythème ; toutefois, les patients atteints de Dermatite Atopique présentent souvent des plaques d’eczéma autour des lésions de Molluscum Contagiosum (5). Le prurit et le grattage augmentent le risque d’auto-inoculation.

En cas de suspicion de Molluscum Contagiosum, consultez votre médecin, lui seul pourra diagnostiquer l’infection.


(1) Perna AG, Tyring SK. A review of the dermatologic manifestations of poxvirus infections. Dermatol Clin.2002;20:343-346.
(2) Fornatora ML, Reich RF, Gray RG, et al. Intraoral molluscum contagiosum: a report of a case and a review of the literature. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod. 2001;92:318-320.
(3) Ingraham HJ, Schoenleber DB. Epibulbar molluscum contagiosum. Am J Ophthalmol. 1998;125:394-396.
(4) Osio A, Deslandes E, Saada V, Morel P, Guibal F. Clinical characteristics of molluscum contagiosum in children in a private dermatology practice in the greater Paris area, France: a prospective study in 661 patients. Dermatology. 2011;222:314-20.
(5) Diven DG. An overview of poxviruses. J Am Acad Dermatol. 2001;44:1-16.
(6) Koning S, Bruijnzeels MA, van Suijlekom-Smit LW, et al. Molluscum contagiosum in Dutch general practice. Br J Gen Pract. 1994;44:417-419.
(7) Lee R, Schwartz RA. Pediatric Molluscum Contagiosum: Reflections on the Last Challenging Poxvirus Infection, Part 1. Cutis 2010;86:230-6.
(8) Niizeki K, Kano O, Yoshiro K. An epidemic study of molluscum contagiosum: Relationship to swimming. Dermatologica 1984;169:197-8.
(9) Dohil MA, Lin P, Lee J, et al. The epidemiology of molluscum contagiosum in children. J Am Acad Dermatol. 2006;54:47-54.
(10) Conseil supérieur d’hygiène publique de France. Guide de conduite à tenir en cas de maladies transmissibles dans une collectivités d’enfants. Séance du 14 mars 2003.
(11) Birthistle K, Carrington D. Molluscum contagiosum virus. J Infect. 1997;34:21-28.
(12) Smith KJ, Yeager J, Skelton H. Molluscum contagiosum: its clinical, histopathologic, and immunohistochemical spectrum. Int JJ Dermatol. 1999;38:664-672.
(13) Basdag H, Rainer BM, Cohen BA. Molluscum contagiosum: to treat or not to treat? Experience with 170 children in an outpatient clinic setting in the northeastern United States. Pediatr Dermatol. 2015 May-Jun;32 (3):353-7